DPE à refaire : pourquoi et comment le réaliser efficacement ?

Depuis juillet 2021, certains logements classés F ou G sur l’échelle énergétique doivent refaire leur DPE, même si celui-ci date de moins de dix ans. Cette obligation découle des changements apportés à la méthode de calcul du diagnostic, rendant caduques de nombreux résultats antérieurs.

La réforme introduit de nouvelles contraintes pour les propriétaires, mais elle ouvre aussi la voie à des améliorations ciblées. Les implications vont au-delà de la simple conformité : un classement révisé influence directement la valeur du bien, les possibilités de location et l’accès à certaines aides à la rénovation.

Le DPE, un diagnostic devenu incontournable pour les propriétaires

Au fil des années, le diagnostic de performance énergétique, ou DPE, s’est imposé comme une étape clef dans tout projet immobilier. La loi climat et résilience ne transige plus : aujourd’hui, ce document ne sert plus de simple formalisme. Il mesure sérieusement la performance énergétique d’un logement, détaille la consommation d’énergie réelle et chiffre précisément les émissions de gaz à effet de serre. Un seul chiffre suffit parfois à faire basculer une vente ou une location : près de 800 000 logements ont changé de classe lors de l’application de la réforme en 2021, selon le ministère de la Transition écologique.

La classe énergétique affichée n’est jamais anodine : elle influe sur la valeur du bien et conditionne désormais le droit même de louer. Un appartement classé F ou G rejoint la catégorie des passoires thermiques, progressivement exclues du marché locatif. C’est la performance énergétique DPE qui ouvre ou ferme des portes lors d’une transaction.

Le mode de calcul du DPE a changé de fond en comble lors de la réforme DPE 2021 : oubliez les simples factures, place aux données concrètes comme l’isolation, le système de chauffage, la ventilation ou la nature des fenêtres. Cette nouvelle approche donne une photographie fidèle du logement et force le propriétaire à revoir sa copie si besoin.

Le DPE s’inscrit aujourd’hui dans un projet collectif, bien au-delà d’une simple case à cocher. Il oriente les choix de rénovation, donne accès aux aides publiques et détermine le type de travaux à mener. Refuser de le refaire, c’est risquer de voir son logement perdre en attrait, alors qu’engager la démarche permet de le valoriser, au-delà de l’obligation légale.

Réforme du DPE : ce qui change pour les logements classés F et G

Depuis l’entrée en vigueur de la réforme du DPE, les logements étiquetés F et G, aussi appelés passoires thermiques, sont directement concernés. La loi climat et résilience s’applique concrètement :

    Voici l’une des mesures majeures qui bouleverse la location pour ces logements :

  • mise en place progressive d’une interdiction de location pour les biens énergivores

Près de 5 millions de logements en France sont touchés par ce nouveau cadre réglementaire. Loin d’être anecdotique, cette évolution impacte directement la gestion locative et le prix de vente potentiel.

Pour ceux qui possèdent un bien classé F ou G, difficile de faire l’impasse : un diagnostic de performance énergétique actualisé est exigé lors d’une vente, d’une mise en location, ou de toute démarche d’évaluation du bien. La facture énergétique ne pèse plus seulement sur l’occupant, elle peut maintenant freiner la rentabilité et la revente du logement.

Pour y voir plus clair, les principales évolutions à retenir sont les suivantes :

  • Blocage progressif de la location pour les passoires thermiques, à compter de 2025
  • Obligation de mentionner la classe énergétique dans chaque annonce ou bail
  • Conséquence directe sur le confort thermique et la valeur patrimoniale

Tout diagnostic de performance énergétique réalisé avant juillet 2021 doit généralement être renouvelé : c’est un passage obligé pour tenir compte des nouveaux critères. Patienter, c’est s’exposer au risque de voir son bien gelé sur le marché. La réforme invite à anticiper, sous peine de voir un patrimoine perdre sa valeur et ses possibilités de location.

Comment améliorer concrètement la performance énergétique de son logement ?

Relever la note DPE d’un logement n’a plus rien d’accessoire : c’est une décision stratégique. Les principaux leviers sont bien identifiés, reste à les actionner dans le bon ordre. Première étape : l’isolation des principaux points de déperdition. Un mur mal isolé, un grenier oublié, un plancher laissé à l’abandon : voilà ce qui fait la différence sur la prochaine étiquette énergétique.

Changer ses vieilles fenêtres au profit d’un double ou triple vitrage, c’est couper net les pertes de chaleur. Installer une ventilation efficace (VMC hygroréglable ou double flux, selon les cas), permet de réduire l’humidité et de préserver la qualité de l’air. Pour le chauffage, il existe aujourd’hui des solutions à la fois performantes et sobres comme la pompe à chaleur, dont le rendement écrase les équipements vétustes. Quant à l’eau chaude, l’installation d’un ballon thermodynamique marque des points dans la transition énergétique d’un logement.

N’importe quel chantier de rénovation énergétique s’appuie sur quelques grands axes majeurs :

  • Isolation thermique ciblée (murs, combles, planchers bas)
  • Remplacement des fenêtres si simple vitrage
  • Ventilation mécanique contrôlée performante
  • Modernisation du chauffage (pompe à chaleur, chaudière à condensation…)
  • Utilisation d’équipements sobres comme les LED ou les thermostats intelligents

L’audit énergétique donne un plan d’action objectif, poste par poste. C’est un outil précieux pour planifier les travaux de rénovation selon le coût, la faisabilité et le retour sur investissement en termes de classe énergétique. Multiplier les gestes isolés n’a que peu d’impact : seule une approche globale (isolation, ventilation, chauffage, régulation) garantit une montée réelle du confort et de la valeur à long terme.

Technicienne contrôlant un système de chauffage dans un couloir

Conseils pratiques et ressources pour réussir sa rénovation énergétique

Mener à bien une rénovation énergétique suppose de s’appuyer sur tous les outils à disposition. Côté budget, des aides nationales comme MaPrimeRénov’, la prime CEE, l’éco-prêt à taux zéro ou la TVA réduite à 5,5 % existent pour les particuliers, et peuvent souvent être associées. Certaines collectivités proposent aussi des coups de pouce ou des primes locales : une prise de contact avec les services municipaux peut parfois ouvrir de nouvelles possibilités.

Le choix des professionnels reste déterminant pour décrocher les meilleures aides et réussir les travaux. Privilégiez un artisan RGE (Reconnu garant de l’environnement) : cette mention conditionne l’accès aux dispositifs publics. Un diagnostiqueur certifié est par ailleurs incontournable pour remettre à jour ou réaliser un DPE réformé et fiable.

Outre la compétence technique, la planification joue un rôle capital : anticiper la sélection des matériaux, comparer les devis, suivre la chronologie du chantier ou bâtir un plan de financement croisant apports personnels et subventions, tout compte pour garantir la réussite du projet.

Quelques réflexes facilitent la vie des propriétaires décidés à agir :

  • Vérifier la qualification RGE des artisans contactés
  • Demander plusieurs devis afin d’affiner la stratégie et le coût
  • S’assurer de l’éligibilité des travaux aux aides envisagées avant tout engagement

Chaque saut de classe sur l’échelle énergétique se traduit par une valorisation immédiate du logement. Tabler sur une rénovation énergétique, c’est miser sur la sérénité, la réduction de la facture et la perspective concrète d’un bien capable de séduire, quelles que soient les évolutions du marché immobilier. Le DPE réactualisé se fait atout : il projette tout simplement la maison ou l’appartement vers la meilleure version de lui-même, et ouvre enfin la voie à des choix durables.

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