Quel type de chaussures choisir pour le GR20 ?

GR20 (Grande Randonnée 20), le nom ne nous dit pas grand-chose. Il date d’une époque où la Corse était le 20ème département de France. Mieux le sentier est décrit par les Corses elles-mêmes, Fra Li Monti signifie simplement… la route à travers les montagnes. Près de 200 kilomètres de l’itinéraire relie le nord au sud de la route Ce trek est reconnu comme l’un des itinéraires les plus difficiles d’Europe. Des conseils pratiques sur la transition GR20 sont donnés par Krzysztof Story.

A voir aussi : Astuces pour choisir le cadeau idéal

Sur le sentier GR20 (photo de Krzysztof Story) Route

Le GR20 s’étire en diagonale, depuis Calenzana au nord jusqu’au village de Conca, perché dans le sud montagneux de la Corse. Le sentier caracole sur la ligne de crête, longeant tantôt des parois abruptes, tantôt des éboulis ou des passages aériens. Deux semaines de marche, un peu moins de 200 kilomètres, auxquels s’ajoutent une douzaine de kilomètres pour accéder et sortir du tracé. Les chiffres ne disent pas tout : certains font durer le plaisir, d’autres courent. À ce jeu-là, François D’Haene détient le record actuel, avec un temps incroyable de 31 heures et 6 minutes.

A lire en complément : Pourquoi choisir le Mexique comme destination touristique ?

Sur la carte, le GR20 s’affirme d’un trait clair, balisé en blanc et rouge. Impossible de se tromper de direction. Krzysztof Story partage son expérience :

« Ma traversée a duré douze jours. J’ai choisi volontairement les variantes les plus relevées, parfois hors du sentier classique, pour rester fidèle à l’itinéraire original. »

Le balisage, c’est l’atout du GR20. Les traits rouges et blancs rassurent, même dans les coins les plus noirs. Il existe des variantes plus sportives, marquées en jaune, un clin d’œil à Michel Fabrikant, pionnier qui osait déjà inventer ses propres passages dans les années 70.

Comment rejoindre la Corse ?

L’avion offre le moyen le plus direct, surtout via les compagnies à bas prix. Pour commencer l’aventure à Calenzana, l’arrivée à Calvi évite complications et détours inutiles. Le ferry joue aussi son rôle, avec des liaisons depuis le continent, côté français ou italien.

Pour rejoindre le point de départ, l’auto-stop fonctionne souvent à merveille. Ceux qui préfèrent le taxi s’exposent à une addition salée, alors que le bus, unique chaque jour, voit sa fréquence limitée. Même constat pour la sortie à Conca : les horaires aléatoires des transports publics confirment le mythe de l’indépendance corse.

Quelle période viser pour le GR20 ?

Si la majorité des randonneurs se concentrent en juillet et au début d’août, éviter la surchauffe passe par un départ fin juin ou début septembre. La chaleur, sans la moindre ombre sur de longs tronçons, façonne les souvenirs. Marcher hors saison demande de composer avec des caprices météo, et parfois, des pluies torrentielles qui s’invitent du jour au lendemain.

Sur le sentier GR20 (photo par Krzysztof Story) Approvisionnement et hébergement

Ce qui frappe, c’est la logistique. Un refuge à chaque étape : c’est la règle sur le GR20. Krzysztof Story en tire trois conseils clairs. D’abord, bivouaquer dans le cœur du parc est interdit. Dormir en refuge, ou sous une tente attenante, reste la meilleure option pour préserver le lieu. Ensuite, le refuge fournit la seule vraie source d’eau du secteur. Enfin, ils sont souvent installés dans les plus beaux coins du parcours, parfois à près de 2000 mètres, exposés à tous les vents.

Des repères pour les tarifs : une nuit en dortoir coûte 13€, une tente louée sur place 11€, et installer sa tente personnelle revient à 7€. Un passage par le site du parc national suffit pour réserver à l’avance.

Aucun supermarché à signaler le long du GR20. Seules quelques épiceries apparaissent ponctuellement au croisement des routes, celle de Vizzavona (à mi-parcours) étant la plus garnie. Les prix sont élevés : mieux vaut prévoir un ravitaillement solide avant le départ. Les refuges vendent pâtes, boîtes ou friandises pour dépanner. Côté confort, l’essentiel tient en peu de mots : sobriété montagnarde. Chaque randonneur redescend ses déchets ; rien n’est laissé sur place, sous peine de voir les hélicoptères s’en charger à prix fort.

Sur le sentier GR20 (photo de Krzysztof Story) Se préparer vraiment

Pas besoin d’être un grimpeur ou un ultra-sportif. Le GR20 demande surtout une solide condition et l’habitude des terrains inégaux. Pierres instables, longues ascensions et passages techniques font partie du quotidien. Trois jours suffisent pour voir les premiers exaspérés jeter l’éponge : la succession des dénivelés n’épargne pas grand monde.

Pour le matériel, voyager léger se révèle indispensable : s’en tenir à moins de 15 kg (hors eau) est recommandé. L’eau se fait rare sur les hauts plateaux, il faut donc transporter 2 à 3 litres pour la journée entière.

Pas d’angoisse pour l’orientation, les balises se succèdent à un rythme régulier, que ce soit sur le terrain ou sur les cartes les plus classiques.

Le GR20, pour qui ?

La réputation du GR20, considéré comme le plus difficile d’Europe, est parfois un peu exagérée. Le sentier est maintenu, les refuges évitent les galères logistiques, les ravitaillements sont possibles. Mais ce qui use, c’est l’enchaînement des efforts. Les portions techniques évoquent les chemins d’altitude polonais, avec chaînes ou appuis dans la roche. Au total, accumuler chaque jour 1000 à 1500 mètres d’ascension ou de descente peut venir à bout des plus motivés. Moins de la moitié des randonneurs bouclent l’aventure. Krzysztof avait préparé longuement son départ, arpentant les Tatras ou les Alpes, sac allégé au maximum. Cette préparation stepuée explique sa réussite. Pour les marcheurs peu habitués, mieux vaut s’orienter vers un itinéraire moins engagé. On ne décide pas de partir sur le GR20 du jour au lendemain.

Sur le sentier GR20 (photo de Krzysztof Story) Pourquoi s’y frotter ?

Une fois sur place, la Corse dévoile l’un de ses plus beaux visages. Michel Fabrikant, inventeur du tracé, a dessiné un sentier d’une rare inventivité. L’itinéraire explore la montagne, saute d’un flanc à l’autre, s’insinue parmi les aiguilles, franchit des zones réservées d’ordinaire aux grimpeurs aguerris. À chaque détour, des panoramas démesurés, la promesse d’un spectacle différent chaque jour. Atteindre la prochaine crête, découvrir un nouveau cirque, sont autant de récompenses silencieuses.

Fin du GR20 (photo de Krzysztof Story), récit de Krzysztof. Son témoignage s’inscrit dans le projet Two Trails, Two Worlds, soutenu par quelques marques outdoor reconnues.

***

À l’heure où ces lignes s’écrivent, Krzysztof se prépare pour une nouvelle traversée, cette fois en Écosse, sur le Cape Wrath Trail, deuxième étape du projet Two Trails, Two Worlds.

Pour découvrir la suite de son parcours, direction sa page dédiée et son profil Facebook Histoire d’une vie.

***

OM apporte son soutien média au projet Two-Trails, Two Worlds :

Le GR20 trace dans la mémoire une ligne aussi nettement qu’il marque les jambes : exigeant, singulier, impossible à oublier pour qui l’a parcouru.

Ne ratez rien de l'actu