Dépenser pour ses fenêtres, c’est investir dans l’âme même de sa maison. À l’heure où les murs cèdent la vedette au verre, choisir le bon modèle ne se limite plus à une question d’esthétique : il s’agit de confort, d’efficacité énergétique et d’un rapport à la lumière qui change tout. Il ne suffit pas que le soleil entre, encore faut-il que la chaleur ne s’envole pas.
Les fenêtres s’imposent comme un élément-clé de l’aspect général du bâtiment et de ses usages quotidiens. Avant de trancher, mieux vaut examiner chaque critère de près :
- Design : souhaitez-vous des fenêtres à l’allure traditionnelle ou tournées vers une modernité épurée ?
- Style : chaque type d’ouverture, battant, guillotine, fixe…, propose son propre caractère et ses avantages.
- Matériau : comparer le bois, l’aluminium, le PVC ou les systèmes composites, c’est jongler entre budget, durabilité et rendu visuel.
- Vitrage : aujourd’hui, la performance énergétique s’impose, tant pour les économies que pour le confort.
- Coûts : étudier les devis, c’est éviter les surprises en cours de chantier.
- Commande : la logistique, délais, fabrication sur mesure ou standard, peut bouleverser tout le calendrier.
Un vitrage bien pensé rehausse immédiatement l’allure d’une façade, comme ici dans cette extension contemporaine (image : IQ Glass).
Comment choisir un style de fenêtre ?
La disposition des fenêtres découle de la configuration intérieure, mais leur format influence aussi bien la façade que l’ambiance intérieure. Un exemple frappant : les maisons contemporaines de plain-pied gagnent en élégance avec des ouvertures verticales et élancées, alors que de larges baies dans de vieux murs de pierre dénaturent souvent le charme d’une bâtisse ancienne.
Les proportions idéales s’inspirent encore du fameux nombre d’or, hérité de l’architecture classique : une fenêtre à châssis vertical de 800 mm de large sera plus harmonieuse avec une hauteur de 1 300 mm. Cette règle, toujours valide, guide nombre d’architectes pour préserver l’équilibre visuel.
Styles traditionnels
Sur cette autoconstruction Arts & Crafts, on remarque la finesse d’un assemblage six sur six qui parachève le style.
Pour une maison ancienne ou inspirée d’une période historique, le choix des matériaux et des formes ne se discute pas : le bois reste incontournable. Les fabricants modernes reproduisent volontiers les modèles d’époque, mais le rendu du PVC, malgré des tentatives d’imitation, n’atteint jamais la noblesse du bois véritable.
Les petites fenêtres à battants rappellent les cottages, tandis que les châssis coulissants, typiques des architectures géorgienne et victorienne, s’avèrent beaucoup plus complexes à recréer avec les technologies actuelles du double vitrage. Les solutions modernes peinent souvent à retrouver la délicatesse des anciens croisillons.
Fenêtres pour demeures contemporaines
Au fil du temps, le vitrage s’est démocratisé et agrandi. Dès l’essor du modernisme, la simplicité a pris le pas : moins de cadres visibles, plus d’ouverture sur l’extérieur. Plus une construction est récente, plus les vitrages s’étendent, parfois jusqu’à occuper des pans entiers de mur. Le bois apporte de la chaleur à l’extérieur d’une maison moderne, tandis que l’aluminium s’impose dans les projets très graphiques et minimalistes.
Stan Bolt a imaginé ici une extension tout en verre, discrète et contemporaine, qui sait rester fidèle à l’esprit du cottage cornouaillais (image : Nigel Rigden).
Les différents types de fenêtres
Battants à ouverture classique
Véritable pilier de l’habitat britannique, la fenêtre à battant traverse les siècles sans faiblir. Elle se décline en formats variés : battants divisés façon cottage, petits vitrages rappelant le style géorgien… Les modèles suspendus ou à auvent, très présents dans les architectures contemporaines, libèrent la vue sans montants gênants.
- Les modèles de grande taille sont généralement plus économiques.
- Les coûts restent contenus grâce à la standardisation et aux formats modulaires.
- Parfaits pour ventiler, mais l’ouverture large n’est pas toujours idéale si de jeunes enfants ou des animaux partagent la maison.
Panorama des principaux styles de battants
1. Ouverture latérale : le plus répandu, s’ouvre sur le côté.2. Top Light : vitrage fixe surmonté d’un châssis à charnière en haut.3. Pliant coulissant : le vantail se plie, libérant un large passage.4. Auvent : articulation en haut, pratique sous la pluie.5. Hung/trémie : charnière en bas, souvent choisi pour les sous-sols.6. Pivot central : articulation médiane, permet une ouverture généreuse sans empiéter sur l’espace intérieur.
La fenêtre pivotante de ce loft industriel s’intègre avec raffinement à l’agencement intérieur (image : Mereway Kitchens).
Fenêtres oscillo-battantes
Issues des inspirations continentales, les fenêtres oscillo-battantes s’ouvrent vers l’intérieur et s’adaptent parfaitement aux intérieurs contemporains. L’option « inclinaison » garantit une aération sécurisée, sans sacrifier la praticité.
- Souvent réalisées sur mesure, ce qui fait grimper la facture.
- Sécurité renforcée.
- Parfaites dans les espaces restreints.
Ouvertures fixes
Les fenêtres fixes ne laissent passer ni air ni bruit, mais offrent un maximum de lumière. Sans obligation d’intégrer un mécanisme d’ouverture, la créativité s’exprime : toutes les formes, toutes les tailles deviennent envisageables.
- Idéales pour éclairer des recoins souvent délaissés.
- Permettent des compositions audacieuses.
- Souvent la solution la plus avantageuse niveau prix.
Ici, des ouvertures en partie haute et de grandes fenêtres fixes ont métamorphosé l’espace, lui conférant caractère et luminosité (image : Idyll Home/ Tine K home).
Châssis à guillotine
Incontournables pour restaurer le cachet des maisons de style géorgien ou victorien, les fenêtres à guillotine ornent encore nombre de nouvelles constructions à l’accent classique. Les dimensions sont rarement standardisées, ce qui impose souvent du sur-mesure pour respecter la proportion de la façade.
- Le bois nécessite un entretien régulier.
- Les rails verticaux évitent l’accumulation de feuilles et débris.
Baies vitrées
La baie vitrée s’avance hors du mur, dessinant un espace en retrait dans la pièce. Certaines, sur plusieurs niveaux, habillent les demeures victoriennes et édouardiennes ; d’autres créent des coins cosy pour lire ou partager un petit-déjeuner. Voici les variantes les plus courantes :
- Baie à angles droits : parties latérales et façade avant droites ou légèrement inclinées.
- Baie arrondie : structure cintrée pour un effet panoramique.
- Oriel : posée en surplomb et soutenue par des corbeaux, elle prend son envol au-dessus du sol.
La réinterprétation contemporaine de la baie en voûte fait rimer lumière et raffinement (Retrobad).
Fenêtres de toit, puits de lumière et lanternes
Amener la lumière là où les murs s’y refusent, c’est tout l’intérêt des ouvertures de toit. Les puits de lumière suivent la pente sans s’ouvrir, contrairement aux fenêtres de toit classiques. Quant aux lanternes, très prisées dans les extensions, elles remplacent un segment de toit solide pour une inondation lumineuse.
- Indispensables pour les espaces sous combles ou à étage et demi, où la hauteur pose souvent problème.
- Parfaites pour acheminer la lumière dans les plans de maisons en longueur.
- Les lanternes accentuent la sensation de volume, notamment avec les toits plats.
Dans cette salle de bain étroite, la combinaison d’une fenêtre fixe et d’une grande lucarne bouleverse totalement la perception de l’espace (image : IQ Glass).
Fenêtres en imposte (Clerestory)
Installées en partie haute, ces fenêtres protègent l’intimité tout en optimisant la lumière naturelle et la ventilation. Les maisons à faible consommation d’énergie les adoptent pour capter la chaleur solaire, en profitant de la masse thermique des matériaux.
- Favorisent lumière et circulation d’air.
- Adaptées aux pièces à plafond élevé.
Dans cette extension de bungalow, les fenêtres en imposte optimisent l’apport lumineux jusqu’au cœur des pièces.
Pignon vitré
Le pignon vitré crée un effet spectaculaire, sans pour autant exploser le budget si l’on anticipe dès la conception. Il apporte une touche spectaculaire, tout en s’intégrant aussi bien dans une maison ancienne que dans un projet très contemporain.
- Donne du caractère à n’importe quelle pièce.
- Polyvalent, il s’accorde aux styles traditionnels comme aux lignes modernes.
Un pignon vitré qui dialogue harmonieusement avec une bâtisse traditionnelle du Cotswolds (image : Simon Maxwell).
Combien prévoir pour chaque style ?
Pour s’y retrouver, comparer les prix au mètre carré s’avère souvent pratique. Même si les fournisseurs préfèrent facturer à la pièce, il est utile de diviser le montant total par la surface totale des ouvertures pour avoir un ordre de grandeur. Petite astuce : plus la fenêtre est grande, moins le coût au mètre carré est élevé. Pour affiner son budget selon le matériau, voici quelques repères.
Quel matériau choisir ?
Le bois
Impossible d’égaler la chaleur et l’authenticité du bois, surtout dans les maisons d’époque. Rien ne remplace sa texture au toucher et ses détails raffinés. Pour les budgets serrés, le bois résineux reste la solution la plus abordable, à condition de prévoir de la peinture régulière.
Dans cette cuisine champêtre, les pliants en bois et les fenêtres de bureau réchauffent l’atmosphère tout en inondant l’espace de lumière (image : Mereway Kitchens).
Avantages du bois résineux :
- Un rendu tactile et un aspect inimitable.
- Budget accessible si la pose et la finition se font sur place.
- Peut se teinter, mais le plus souvent, on le peint.
- Convient aussi bien aux maisons anciennes qu’aux constructions actuelles.
Points faibles :
- Le double vitrage posé sur place présente un risque de buée.
- Privilégier le vitrage d’usine, plus fiable mais plus coûteux.
- Nécessite une remise en peinture régulière.
Quels bois résineux privilégier ?
Le Douglas offre une stabilité remarquable, alors que le pin sylvestre européen (red deal) se montre moins sensible aux variations dimensionnelles.
Avantages du bois dur :
- Grain serré, solidité accrue.
- Peut être traité pour gagner en stabilité.
- Très recherché dans les rénovations classiques.
- Se prête volontiers à la finition huilée ou teintée.
Inconvénient : prix nettement supérieur, pouvant quadrupler par rapport au résineux.
Budget à prévoir
- Bois résineux : entre 6 000 et 15 000 £ (moins si la pose est internalisée).
- Bois dur : de 8 000 à 20 000 £.
L’aluminium
Très prisé pour les projets contemporains, l’aluminium séduit par ses profils fins et, parfois, par sa quasi-invisibilité.
( PLUS : Fenêtres en aluminium : Comment choisir )
L’ex-rédacteur en chef HB&R Jason Orme et sa compagne ont rénové leur maison années 1950 en optant pour l’aluminium : la métamorphose est radicale !
Le PVC
Les fenêtres en PVC ont longtemps dominé le marché du remplacement. Leur principal atout : un prix imbattable et un entretien quasi nul.
Points forts :
- Coût réduit, même si la qualité peut varier.
- Très peu d’entretien.
Points faibles :
- Aspect parfois peu valorisant.
- Peut déprécier la valeur des maisons anciennes.
- Peu réparables.
- Les portes manquent de robustesse.
Coût indicatif
- Entre 5 000 et 15 000 £ pour une maison individuelle.
Composites
Pour ceux qui hésitent, le mix de matériaux, bois à l’intérieur, aluminium ou PVC à l’extérieur, combine résistance, chaleur et simplicité d’entretien.
Les portes composites (IdealCombi) intègrent un habillage bois intérieur, en harmonie avec la cuisine.
Atouts :
- Alliance du bois et d’une coque protectrice extérieure.
- Résiste aux climats extrêmes (très utilisé au Canada et en Scandinavie).
- Compatible avec le triple vitrage.
- S’intègre parfaitement dans l’architecture moderne.
- Peu d’entretien, tout en conservant la chaleur du bois.
Limites :
- Coût élevé.
- Les dimensions continentales ne correspondent pas toujours aux standards britanniques.
Gamme de prix
- Compter de 10 000 à 25 000 £, prévoir 25 % de plus pour le triple vitrage.
Métal, fibre de verre, alliages
Intérêts :
- Parfait pour les architectures modernes, mais gagne du terrain dans les rénovations d’époque (portes belges notamment).
- La fibre de verre GRP permet des cadres très résistants.
- GRP disponible en toute teinte.
- Peu d’entretien.
- Permet des profils très fins.
Inconvénients :
- Moins performant que le bois sur l’isolation.
- Prix élevé.
Coût estimé
- De 8 000 à 20 000 £.
Les portes belges en acier, ici de style Crittall, traversent les modes (image : Kitchen Makers).
Quel vitrage adopter ?
Pour l’autoconstructeur, le double vitrage posé sur place, généralement avec du bois résineux, reste le choix le plus économique, même si le procédé est long et moins fiable que le vitrage préfabriqué, ce dernier, plus coûteux, s’installe plus facilement et garantit une meilleure tenue dans le temps.
Les menuiseries triple vitrage de Green Building Store affichent des performances thermiques exceptionnelles (jusqu’à 0,85 W/m2K).
Vitrage à faible émissivité
Le vitrage « Low-E » est traité pour limiter la déperdition thermique. Il répond aux exigences des réglementations britanniques pour la rénovation et l’extension, et permet de diviser les pertes de chaleur par quatre ou cinq comparé à un simple vitrage. On peut aussi choisir des vitrages de contrôle solaire, utiles dans les pièces très exposées pour éviter la surchauffe estivale.
- Réduction significative des déperditions.
- Possibilité d’intégrer une fonction de contrôle solaire selon l’orientation de la pièce.
Triple vitrage
Longtemps réservé aux maisons passives, le triple vitrage tend à s’imposer. Il homogénéise la température intérieure, limite les nuisances sonores et participe à la lutte contre la surchauffe. Certains fabricants proposent des vitrages qui favorisent au contraire les apports solaires en hiver.
- Confort thermique accru.
- Isolation phonique renforcée, idéale près des axes bruyants.
- Réduit les risques de surchauffe.
- Certains traitements laissent passer la chaleur en hiver.
Le choix du triple vitrage dépend surtout de l’exposition : il s’impose côté nord, mais peut être déconseillé plein sud pour éviter l’effet serre.
Dans ce passivhaus, le triple vitrage se combine à un quadruple vitrage en toiture pour une performance maximale.
Commander ses fenêtres : mode d’emploi
Tout dépend du choix entre modèles standard ou sur mesure, et de la politique du fabricant. En règle générale, prévoir douze semaines, mais attention : les commandes personnalisées entraînent des délais supplémentaires. Mieux vaut attendre la fin des modifications de plan avant d’engager la production, sous peine de complications coûteuses.
Gagner en lumière naturelle chez soi
Dans ce loft, la lumière afflue par la toiture et par des vitrages intérieurs, dilatant les volumes (image : Someday Designs).
La première impression en entrant dans une maison, c’est souvent la clarté ou l’obscurité des pièces. Or, tout dépend du dessin des ouvertures. Les portes coulissantes et baies vitrées XXL ont récemment changé la donne, tout comme les puits de lumière dans les pièces en retrait (salle de bain, salon…).
Une extension doit être pensée en fonction de la lumière qu’elle projette, ou retire, aux espaces existants. Observer le parcours du soleil, anticiper les moments d’occupation de chaque pièce, ajouter des ouvertures latérales ou en imposte… autant d’astuces pour prolonger le plaisir d’habiter. Pour une construction neuve, le plan d’étage sur mesure offre un luxe incomparable, mais gare à la surchauffe si la surface vitrée explose. Un jardin d’hiver, aussi séduisant soit-il sur le papier, peut vite virer au sauna si la question de l’orientation n’a pas été anticipée.
En matière de fenêtres, chaque choix laisse une empreinte durable, à la fois sur l’esthétique, le confort et les sensations au quotidien. Dans cette aventure, la lumière n’est jamais un simple détail.


















